Ardent défenseur des limitations de vitesse et chevalier du code de la route qui sont bien souvent plus dangereux que les autres, ne lis pas l’article suivant (sous peine de faire une syncope, de bouillir de rage ou encore d’avaler ta salive de travers provoquant ainsi une mort atroce dans d’horribles gargouillis…) parce que je vais parler de choses que tu ne comprendras jamais. Et si tu le lis, abstiens-toi de tout commentaire me traitant d’irresponsable, d’ado attardé ou autres inepties du même genre (oui, je sais, et la liberté d’expression et blablabla et blablabla… sauf que tu vas t’aventurer sur un terrain que tu ne connais pas, avec des idées préconçues et complètement dénuées de fondement, que je n’aurais même pas envie d’essayer de contrer en t’expliquant par A + B le pourquoi du comment, et qu’en plus tu ne connais rien de mon – mes ? – histoire(s) ).
Bref, pourquoi tant de précautions oratoires ? Parce que ce n’est pas la première fois que j’écris sur le sujet, et que ça me gonfle de devoir justifier, expliquer et argumenter ma position. Après tant de salamalecs, venons-en au fait.
Nostalgie de quoi ?
Le printemps arrive (youpi !), les oiseaux gazouillent, le gazon reprend de la vigueur, les arbres (et les ados) bourgeonnent… et les moteurs vrombissent.

Hier soir à la salle un de mes "amis" Grolandais (qui doit être importé, avec deux ou trois de ses potes, parce qu’ils ont l’air "normaux") est arrivé en moto. Un beau gex jaune et noir tout neuf, qui fait plein de bruit et qui brille de partout.
Et moi de les écouter blablater de ce bel engin ça m’a laissé comme un arrière-goût bizarre. Une saveur un peu poussiéreuse, un creux dans le ventre, une petite boule dans la gorge parce que je ne partagerai plus ces moments-là.
Quels moments ?
Les sorties entre potes, où les cale-pieds râclent le bitume, où les moteurs crient en montant dans les tours, où les bandes blanches sur le sol défilent à toute allure.
Le petit café en terrasse, au soleil, où on "débriefe" la balade qu’on vient de faire (et où chacun y va de son "c’est moi qui a la plus grosse", "et comment je t’ai fait l’extérieur là" et de son "t’as vu comment je te la mets grave en 5e") avant de reprendre la route encore plus chaud qu’à l’aller pour un retour à fond les ballons (Calais – Boulogne / MD5 – comprendre moins de 5 mn, si, si c’est faisable).
Les yeux qui brillent, l’adrénaline qui coule à flot et l’excitation de la compétition (encore plus quand on a la chance de croiser un Anglais au volant d’une superbe Lamborghini et ne demandant qu’à titiller la pédale de l’accélérateur) à en mouiller sa petite culotte (eh oui, je vous parle d’une expérience limite sexuelle là).
Le retour au bar, le même débriefing, l’odeur des cuirs, des échappements encore brûlants, et la soirée en terrasse, tous autour d’une petite bouffe sympa, avec les morceaux de bravoure racontés autour d’une pizza, les souvenirs émus des sorties précédentes, et pour terminer les concours à la con qui finissent par quelques burns et autres rupteurs (au mieux dehors, au pire sur le plancher du bar en question).
Mieux encore, il y a quelques années de ça, les flics qui viennent bloquer la rue pour qu’on puisse se taper des concours de wheeling et autres stoppies free-style… c’était le bon vieux temps.
En divorçant, je me suis séparée de beaucoup de choses négatives, désagréables, néfastes à ma santé et mon bien-être. Mais ces moments-là… putain ce qu’ils peuvent me manquer !